dimanche 2 décembre 2007

Surprise surprise

Je voguais sur Internet à la recherche d'une inspiration philosophique (dissert en vue), je suis tombé sur un site qui fait pleins de trucs y compris des citations de gens : www.evene.fr
Et puis le hasard a fait que j'ai visité l'accueil de ce site et pif paf pouf que vois-je? Un article sur Dominique A
Du coup, le voici le voilà

Un brillant bilan

INTERVIEW DE DOMINIQUE A

Après plus de 15 années de chanson, Dominique A sort successivement un ouvrage biographique et 'Sur nos forces motrices', un disque live qui retrace sa carrière. Influence majeure pour nombre de chanteurs français actuels, l'artiste termine actuellement une tournée qui s’achève au centre Pompidou, à Paris, pour trois soirées exceptionnelles.

Dominique A nous accueille sur la terrasse ensoleillée des locaux de sa maison de disques. Affable, détendu et rieur, l'artiste se raconte modestement et avec pudeur, à l’heure du bilan (sortie d’une biographie et d’une compilation live). Très disert, le chanteur prolonge largement l'entrevue, pour notre plus grand plaisir. Rencontre avec un homme très simple et résolument talentueux.


Vous sortez en même temps un livre biographique et le disque live ‘Sur nos forces motrices’, sorte de "best of déguisé". Est-ce une sorte de bilan ?

Je fais ça régulièrement… "Best of", je ne sais pas trop. Ce n'était vraiment pas ça dans mon esprit, c'était plus un disque très synthétique qui regroupait un peu toutes les périodes. A part certains incontournables du genre 'La Peau', 'Le Courage des oiseaux' ou 'La Mémoire neuve', il y a des morceaux connus qui ne sont pas sur le disque. Après, tout allait de pair parce qu'il y avait cette proposition de bouquin chez Textuel, qui a réenclenché l'envie d'un live, une idée qui me suit depuis un petit bout de temps. Textuel voulait sortir ce livre et me demandait s'il y avait un disque qui allait arriver en même temps, de façon à susciter un intérêt pour le livre. Du coup, ça m'a fait réfléchir… Pour un album studio, c'était hors de question, c'était trop tôt. De fil en aiguille, l'idée du live a resurgi. C'est vrai que c'est très tourné vers le passé, mais en gros tous les cinq ans, j'ai besoin de ça. Je l'avais déjà fait avec 'Le Détour', qui était un coffret rétrospectif, il y a cinq ans. Ça marque des temps d'arrêt et pour moi, ils sont aussi importants que les temps de… course ! C'est même presque plus réjouissant de revenir sur des choses et de les réactualiser, de braquer un projecteur un petit peu différemment dessus. Et puis, en l'occurrence, un live, il y a l'idée que c'est quand même un répertoire d'aujourd'hui sur des planches : ce n'est pas lettre morte, on ne déterre pas les macchabées ! Tout se recoupe, c'est un serpent qui se mord un peu la queue…

Lire la critique de ‘Sur nos forces motrices’

A propos du livre, pourquoi ne pas l'avoir écrit vous-même ?

Ils m'ont demandé de le faire et comme j'étais en tournée et que je savais que j'avais plein de trucs qui allaient me tomber sur le coin du nez, je trouvais ça mieux que ça passe par un filtre, par quelqu'un d'autre. En fait, j'ai écrit un truc depuis pour la Machine à Cailloux qui aurait pu être un texte pour le bouquin chez Textuel. Mais je ne voyais pas comment me raconter en fait, comment me raconter autrement que chronologiquement. Alors que c'était, à la base, un terrain de jeu assez formidable. Peut-être que je n'étais pas assez dans le truc. Et je ne regrette pas, car j'aime bien l'idée que le bouquin repose sur quelque chose d'assez analytique, assez sérieux presque. Ca m'a permis de rencontrer quelqu'un que j'aime bien, d'avoir des discussions assez intéressantes. Par rapport à un livre qui est très intime sur le plan des images, des documents, des manuscrits, je trouve ça bien qu'il y ait un peu de distance. Si cela n'avait été que du discours personnel, ça aurait fait journal intime et m'aurait gêné, à la longue. Il y avait un côté impudique à révéler certains documents, à parler de certaines choses, des lieux d'enfance. Je n'ai pas envie de voir débarquer ne serait-ce qu'une personne dans le village de mon enfance… En même temps, je fais tout pour ça se passe !


Dans le livre, justement, vous tentez de tordre le cou aux images d'Epinal sur les concerts. Qu'est-ce qui fait que vous avez l'impression d'être en dehors du discours ambiant sur les concerts ?

Je ne sais pas si je suis en dehors… Mais souvent, on entend les gens dire, depuis que les disques se vendent moins : "au moins, le live va reprendre le dessus, on va voir ce que valent les artistes sur scène…". Alors que ça peut être vraiment un domaine où les gens trichent en essayant d'installer une fausse convivialité, en faisant marcher les gens dans de grosses ficelles avec des coups de grosse caisse... Je n'ai rien contre la grosse caisse, mais il faut que ce soit fait avec une certaine unité, une certaine tenue, une certaine rigueur ! Tout cela me semble faux. En plus, toute musique n'est pas faite pour être jouée sur une scène, en tout cas pas dans les conditions "classiques" d'amplification, notamment certaines musiques avec une certaine finesse ou une certaine lenteur. Ce n'est pas évident à construire ça sur scène, c'est souvent du travail de studio, très ennuyeux à voir. Parce que le concert, c'est de la 3D, l'aspect visuel est pour moi presque prédominant. Donc dire que les concerts sont la solution à tous les problèmes, non. Et puis le concert, c'est le moment. Quand tu es artiste, il y a cette idée très pompeuse de lutter contre la marche du temps. En concert non, il faut laisser les choses filer. Quand tu enregistres, quand tu fais un film, un bouquin ou un tableau, c'est l'art de retenir le temps, de lutter contre la mortalité : ce sont des clichés, mais ça correspond à une réalité. En tant que musicien, je ne trouve pas ça satisfaisant de s'arrêter aux concerts. Après, j'adore tourner mais presque pour des raisons annexes à la musique, parce que j'adore la colonie de vacances que ça fait quand ça se passe bien entre les gens. Et puis, il y a aussi des moments forts qui se passent sur scène…


Faites-vous un gros travail de scénographie ?

Non, on ne travaille pas spécialement les mouvements, l'attitude sur scène. Mais on fait un travail de mise en lumière. L'éclairagiste, c'est quelqu'un qui s'appelle Didier Martin. On fait ça ensemble depuis une dizaine d'années, c'est quasiment toujours lui. C'est quelqu'un qui a beaucoup travaillé avec Yann Tiersen. Il connaît bien ce que je fais, on se met d'accord sur les grandes lignes. C'est vrai qu'on aime bien rester dans la tonalité un peu dramatique. Ca amène quelque chose aux concerts. Ce qui fait que quand on joue en plein air à quatre heures de l'après-midi, on perd énormément d'impact, on est obligé de surjouer pour arriver un petit peu à ce qu'on voulait.


Comment se passe le processus de création des chansons ?

En général, j'écris avant. La musique vient ensuite. La musique, c'est toujours simple, alors que l'écriture... J'aime écrire, mais parfois je n'ai pas d'idées. C'est vrai que je ne suis pas inspiré musicalement tous les jours. Mais c'est beaucoup plus simple d'arriver à quelque chose d'un peu convaincant, que tu peux creuser avec des gens, même si ce n'est pas terrible. L'écriture, tu es un peu tout seul, la seule personne qui est capable de faire arriver une mauvaise idée ailleurs, c'est toi…


On a pu noter une évolution de votre voix : androgyne à vos débuts, plus grave sur le live, par exemple. Comment s'est passé ce changement ? Naturellement ?

Le moins naturel, c'était la voix de départ. J'allais vraiment chercher la voix assez haut par volonté de ne pas identifier ma voix sexuellement. Aujourd'hui, je chante avec un timbre de voix que j'avais à 16-17 ans et que j'adoptais naturellement. Par ailleurs, la scène intervient beaucoup, comme si la voix était mise en bouteille et qu'au fur et à mesure elle se bonifiait.


Est-ce que "les chanteurs sont vos amis", comme dit la chanson de l'album 'Auguri' ?

Je dirais que les gens de la musique sont mes amis et que j'ai du mal à sortir de ce cercle-là, d'avoir des relations suivies avec des gens qui ne font pas des choses artistiques, ou qui ne s'y intéressent pas. C'est un truc presque préoccupant : j'aimerais avoir des relations fortes, suivies, avec des gens qui font de la plomberie ou qui se contrecarrent de tout ça. Mais s'il n'y a pas un rapport à quelque chose qui dépasse un peu la vie, j'ai du mal à parler aux gens…


Beaucoup de chanteurs se réclament de vous, vous citent comme influence, comment vous positionnez-vous par rapport à ça ?

Ça ne commence pas un peu à se tasser tout ça ? (rires) Et bien je ne me positionne pas, j'accueille les louanges à bras ouverts, c'est très flatteur. Ca permet à ce que je fais d'exister : si ce n'est pas une réussite en termes commerciaux, au moins que ce soit une réussite en termes artistiques ! C'est le plus important à mon sens, ce n'est pas un lot de consolation… à part d'un point de vue immobilier ! (rires)


Certaines de vos chansons paraissent "engagées" comme 'Le Commerce de l'eau' ou 'La Folie des hommes'. Vous considérez-vous comme "engagé" ?

Non. 'La Folie des hommes', pour moi, c'est une blague : j'avais vu un documentaire à la télévision sur le lamantin (une sorte de phoque), et ça m'a fait marrer. Je trouvais ça rigolo de jouer sur le cliché de la folie des hommes. Les gens l'ont pris très au premier degré, mais pour moi, c'était censé être comique… 'Le Commerce de l'eau', c'était vraiment purement onirique. Après, c'est vrai que les gens ont commencé à projeter des histoires avec Saint-Gobain, la Lyonnaise des Eaux, ou je ne sais plus quoi… "Commerce de l'eau", c'était autrefois ce qui qualifiait le quartier de la prostitution à Tokyo. Je ne voyais pas vraiment le rapport avec la prostitution, mais en soi l'idée de "commerce de l'eau", je trouvais que c'était une image assez forte. Pour moi, ça restait avant tout dans une sphère très onirique, je ne pense pas que ce soit engagé. Je pense que la chanson engagée s'est rétamée sur tous les plans. A mon sens, il y a une faillite totale sur le plan du discours et de ses fruits. Il suffit de voir dans quel état est la société française aujourd'hui pour s'apercevoir que la chanson engagée n'a pas servi à grand-chose.

Propos recueillis par Mathieu Durand et Rémy Pellissier pour Evene.fr - Septembre 2007

Voilà un bel article dont je suis content d'être tombé dessus

bonne soiréée mes amis

juju

Posté par Mister Toad à 18:33:22 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Surprise surprise

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    Posté par Monster Beats Dr, vendredi 1 avril 2011 à 08:24:07 | | Répondre
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